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Par-delà le rideau par Esther Imard

  • 15 juin
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Lauréate du Prix Yishu 8 France 2025, Esther Imard présente l’exposition Par-delà le rideau, issue de sa résidence artistique à Pékin au printemps 2026. Le vernissage de l'exposition a eu lieu le 6 juin à la Maison des arts de Pékin. Pour l’occasion, deux artistes du prestigieux Opéra Mei Lanfang sont venus chanter dans l’enceinte dans l’Ancienne Université franco-chinoise, offrant un moment unique aux invités présents.



Née à Paris en 2000, Esther Imard grandit dans les coulisses où les rideaux, les projecteurs et les murmures des acteurs façonnent sa perception du monde. Elle est diplômée de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris où elle obtient son Diplôme National Supérieur d’Arts Plastiques (DNSAP) en 2024. Parallèlement à sa pratique personnelle, elle collabore activement avec l'Opéra Bastille en tant que peintre de décors, une expérience qui nourrit profondément ses recherches sur la théâtralité et l'artifice.​


Son travail a été présenté dans plusieurs expositions en Europe et aux États-Unis ; en 2022, elle réalise notamment sa première exposition personnelle, J’attendais que l’aube vienne, à la galerie The Something Machine à Bellport (New York). Elle participe également à diverses expositions collectives majeures, parmi lesquelles Peau à la galerie Amarrage à Saint-Ouen en 2018, C’est peut-être un détail pour vous à la galerie Sabine Bayasli à Paris en 2022, ainsi que l'événement Private Choice de Nadia Candet à Paris en 2024.​ Ayant grandi dans l’univers du théâtre avant de rejoindre l’Opéra national de Paris en tant que décoratrice pour l'Opéra Bastille, elle développe dans sa pratique picturale un regard attentif aux espaces cachés du spectacle : les coulisses, les temps d’attente, les moments de concentration qui précèdent l’entrée en scène.


Accueillie en résidence à la Maison des arts de Pékin en tant que lauréate du Prix Yishu 8 2025, l’artiste a découvert l’univers fascinant de l’opéra traditionnel chinois. L’exposition présente une sélection d’œuvres réalisées durant sa résidence, dont plusieurs portraits d’acteurs de l’opéra de Pékin ainsi qu’une grande composition consacrée aux coulisses du Théâtre Mei Lanfang. Ensemble, ces peintures invitent le visiteur à pénétrer dans un espace habituellement inaccessible, là où commence la métamorphose des artistes et où naît la magie de la scène.



Après avoir assisté à plusieurs représentations et rencontré les artistes du Théâtre Mei Lanfang ainsi que du Théâtre national de l’Opéra de Pékin, elle a eu l’opportunité d’observer de près les rituels de préparation des interprètes : le maquillage, l’habillage, les derniers ajustements avant l’apparition sur scène.

« Dans ces coulisses murmurantes, la douceur d’un sourire partagé. Un moment en flottement, où, déjà débarrassé de la personne qu’ils étaient en arrivant, il ne reste qu’une grande vulnérabilité, propre aux cigales tout juste sorties de leur mue imaginale. Elles ne sont pas encore prêtes à chanter, mais possèdent déjà toute la beauté de leur future existence sonore et brève. En attendant, je peux les approcher. Elles ne me font pas peur, car leur tendresse et leur fragilité rend mon approche plus tolérable. J’essaye de me faire petite, de ne pas me faire voir d’elles, par peur qu’elles s’envolent.​ » - Esther Imard

Les œuvres réalisées à Pékin témoignent également de la rencontre entre deux traditions artistiques. À travers son regard de peintre française, l’artiste explore la richesse visuelle de l’opéra de Pékin : la sophistication des maquillages, la beauté des costumes et la force expressive des interprètes. Ses portraits, souvent construits sur des fonds sombres, mettent en lumière la présence silencieuse de ces figures suspendues dans l’attente du spectacle.

« Ces portraits sur fonds noir s’inscrivent dans la lignée des chefs d’œuvre d’Antonello de Messine et de Vermeer, tant ils révèlent une présence précieuse, mais aussi une forme d’attente, quelque chose va se passer… un évènement va avoir lieu, un risque devra se prendre, le spectacle va commencer. ​ » - Christine Cayol

L'exposition de fin de résidence d'Esther est à visiter à la Maison des Arts de Pékin jusqu'au 17 juillet 2026.

Maison des arts de Pékin, No.20 A, East Huangcheng’gen North Street, Dongcheng District, Pékin



 
 
 

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