« Ce qui brille derrière la nuit » – Fin de résidence d'Assoukrou Aké à la Maison des Arts de Pékin
- Tante Martine
- 6 janv.
- 3 min de lecture

Lauréat du Prix Yishu 8 France 2024, Assoukrou Aké a présenté son exposition personnelle Ce qui brille derrière la nuit du 13 décembre 2025 au 11 janvier 2026, à la Maison des Arts Yishu 8 à Pékin, située sur le site historique de l’ancienne Université franco-chinoise. L’exposition rassemble 26 œuvres réalisées durant sa résidence, menée avec le soutien de Boucheron.
Arrivé à Pékin en octobre 2025, l’artiste a traversé la ville au fil de l’automne et de l’hiver, une période qui a profondément nourri sa création. « Ce qui brille derrière la nuit, c’est cette beauté diffuse que je cherche dans les états incertains », confie-t-il. À travers cette exposition, Assoukrou Aké propose une exploration sensible de la nuit pékinoise, envisagée non comme une obscurité, mais comme un espace dense, façonné par la lumière, les ombres et le silence.
Né en 1995 à Bonoua (Côte d’Ivoire), Assoukrou Aké est diplômé de l’École supérieure d’art et de design de Tours et vit aujourd’hui à Paris. Son travail a été présenté dès 2017 au Salon d’Automne du Grand Palais à Paris. Il a également participé à des programmes de résidence internationaux majeurs, notamment à la documenta de Kassel (2022) et à la Casa de Velázquez à Madrid (2023). Un ouvrage monographique lui sera consacré prochainement par une maison d’édition indépendante.

Pékin, la nuit comme espace narratif
Dès son arrivée, l’artiste est frappé par l’échelle monumentale de Pékin et sa densité humaine. Mais derrière cette immensité, il perçoit une proximité inattendue avec Abidjan, sa ville d’origine : une atmosphère, des rythmes, une manière d’habiter l’espace urbain. Installé dans un hutong du quartier de Dongsi, Assoukrou Aké adopte un rythme quotidien fait de départs à l’aube et de retours tardifs. Le matin, la lumière filtrée par les arbres installe une grande quiétude ; le soir, les néons, les odeurs de cuisine et les voix dans la rue composent une scène chaleureuse et vivante.
Cette expérience nourrit une réflexion sur le temps et la perception : là où Paris lui semble plus linéaire, Pékin ouvre une autre profondeur temporelle. La nuit devient alors un véritable territoire artistique, un espace où se superposent mémoire, solitude, vitalité et mystère.

Entre gravure et peinture : révéler l’invisible
L’exposition présente plusieurs œuvres sur bois gravé, dans lesquelles Assoukrou Aké associe gravure et peinture. Cette dualité lui permet de travailler simultanément sur deux registres : l’enfoui et l’apparent. La gravure révèle des strates cachées, comme des traces de mémoire, tandis que la peinture introduit lumière, souffle et présence. L’artiste développe ainsi un langage hybride, situé entre archéologie et image, pour donner forme à ce qui demeure habituellement dissimulé : récits silencieux, blessures, transmissions invisibles.
Parmi les œuvres marquantes figurent Collecteur de nuit, Yin et Yang ou encore la série Les Amants papillons, dans laquelle l’artiste réinterprète une célèbre légende chinoise à travers la structure verticale et dramatique du retable occidental. Ce choix crée un espace de dialogue entre traditions narratives orientales et formes artistiques européennes.
Une immersion culturelle déterminante
Au cours de sa résidence, Assoukrou Aké assiste également à une représentation de l’opéra de Pékin La Légende du Serpent blanc. La puissance expressive des gestes, des costumes et des maquillages, ainsi que la précision quasi calligraphique des mouvements, marquent profondément sa sensibilité artistique. Grâce à ses premiers apprentissages en chinois et à la dimension codifiée de l’opéra, il parvient à saisir l’essentiel du récit, vivant cette expérience comme un voyage à travers les époques et les cultures.
Une résidence transformatrice
Christine Cayol, fondatrice de Yishu 8, souligne la dimension plurielle de la pratique d’Assoukrou Aké, à la croisée de l’architecture, de la peinture, de la sculpture et de la gravure. Plus qu’une appropriation de motifs ou de récits chinois, son travail interroge les résonances entre passé et présent, Orient et Occident, réalité et narration.
Pour l’artiste, cette résidence constitue une étape déterminante : une expérience qui renouvelle sa manière de penser l’espace, le récit visuel et le temps, et qui continuera à nourrir sa création dans les années à venir.
L'exposition est visible à la Maison des Arts de Pékin jusqu'au 11 janvier 2025.
Maison des arts de Pékin, No.20 A, East Huangcheng'gen North Street, Dongcheng District, Pékin





















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